Oeuvre acquise par le MUSÉE DE LA LOTERIE NATIONALE |
* LE CHANTOURNÉ Le chantournage est une technique qui consiste à isoler une |
| Reprenant le thème du Jeu avec des moyens modernes, Logan rejoint ici la Vanité vers laquelle tend une partie de lui-même. Ces moyens sont intéressants en ce qu'ils sont au service du propos tenu. suggérer par le seul langage des choses l' aliénation ou mène le jeu. On notera tout d'abord, cas unique dans l'oeuvre de l'artiste à ce jour, la disparition du fond scénique. L 'effet obtenu est une concentration du regard sur les objets du Trompe-l'oeil , qui ne se détachent plus sur une toile unique, mais bien sur un bois. Il s'ensuit un effet de focalisation du regard sur les objets du jeu, dans une illusion de tridimensionalité. L'ensemble ainsi souligné, à la fois sujet et centre de la composition, affecte la forme d'une sorte de Babel de livres ,posée sur un socle formant scène, et régulièrement scandée de chaque coté de la pile d'objets rappelant le thème de la toile.Le cavalier des 'échecs, Les cartes renvoyant à la thématique baroque des " Tricheurs", avec l' as ce Coeur et le sept de trèfle, le but étant dans ceux-ci de substituer une carte forte à une carte faible. L'accumulation, ici , suggère l'excès d'une passion dévorante, aliénante, qu'elle revête l'aspect du Joueur d' Echecs ou du Joueur de Cartes. Les livres eux-mêmes doivent être compris comme subordonnés à cette passion. Ce ne sont pas des objets de connaissance, mais des traités pour gagner, comme le prouve la présence dans la pile et en haut de celle-ci, du Traité des Échecs de Philidor, réimprimé sans interruption depuis le Dix-huitième siècle. Une passion aliénante supprime le temps pour celui qui s'y livre. " Ces jours qui passent et ne reviennent pas", comme disait La Bruyère dans le portrait d'un autre collectionneur enragé, Diphile, sont ici suggérés par une autre série d'objets, métaphoriques de l'écoulement du temps, ou la virtuosité du pinceau n'exclut pas la profondeur. groupés de face en une composition de forme triangulaire, ils s'échelonnent de bas en haut de la pile, en un crescendo calculé: Ce sont les lunettes d'un homme âgé, comparables à celle de l' Autoportait de Chardin, c'est la voiture, symbole ambivalent de vitesse et de mort. On notera le modèle choisi, noir, précisément, très proche des sinistres Tractions qui allaient conquérir une célébrité funeste entre 1930 et 1945. enfin, surmontant le tout, la montre, symbole du temps qui passe pendant que l'homme se livre à des futilités... " Horloge, Dieu Effrayant," disait déjà Nerval. Ce n'est pas pour rien que le peintre a intitulé son tableau Jeu de Dupe, le singulier, inhabituel, paraissant signifier que la dupe, ici, c'est l'Homme dans son ensemble. Tableau expérimental en ce qu'il brise le cadre traditionnel du Trompe -L'Oeil, cette Vanité demeure, avec des objets modernes, d'esprit très classique. elle montre selon le code en vigueur les objets de la tentation, Mais elle déploie aussi en contrepoint , par d'autres objets, les conséquences de cette monomanie du Jeu: Vieillissement, indifférence au temps, à la mort peut être, sûrement à la vie, qui passent inéluctablement. De quoi se souvenir du célèbre Verset de l' Ecclésiaste: " Vanitas, vanitatem,omnium Vanitatorum". Vanité, vanité, tout est Vanité! M. Court |
logan, artiste peintre - trompe l'oeil et peinture hyper réaliste
© Copyright : logan-art.com - Reproduction interdite